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Plantes et pathogènes indésirables : le défi de l’agriculture biologique

 
 

L’agriculture biologique a pour vocation de conduire ses cultures sans produits chimiques de synthèse (en raison de leurs effets suspectés d'être nocifs sur les écosystèmes,la santé des consommateurs comme celle des agriculteurs eux-mêmes).nous nous interdisons tout produit phytosanitaire ne répondant pas au cahier des charges de l’AB,notamment l’usage des desherbants.Si l’éradication des insectes parasites peut se faire assez facilement à l’aide d’insecticides végétaux ou d’auxillaires naturels sélectionnés (insectes prédateurs,virus ,bactéries,nématodes...) il n’en ai pas de même pour le désherbage des cultures où le développement des plantes non désirables peut prendre des proportions considérables en AB
Quant aux maladies fongiques celle-ci sont maîtrisées sans trop d’aléas en agissant sur la sélection des meilleures variétés résistantes aux maladies et avec une surveillance plus soutenue .

Dans cette étude sommaire ,nous allons essayer de faire un tour d’horizon des différentes techniques utilisées dans le but d’offrir des produits de qualité en quantité suffisante pour assurer la pérennité de notre domaine et de notre Ferme ,ceci en combinant les moyens modernes sans mettre de coté les techniques connues depuis longtemps en agriculture, mais négligées depuis l’apparition des traitements chimiques…

Nous allons voir :
A)les problèmes de désherbage 
B)les problèmes des maladies et de parasitisme par les invertébrés

Le problème de désherbage va être traiter de manière plus approfondie sur diverses cultures le temps ne nous permettant pas d’approfondir l’ensemble des solutions le sujet étant tellement vaste.

A)le desherbage

1)Cultures annuelles Assolement à Pech-revel : le jeu sur le cycle biologique des adventices

a)principes 
La rotation des cultures consiste à produire en alternance sur une même terre différentes cultures suivant une séquence systèmatique.
Il s ‘agit d’une stratégie importante et efficace dans le cadre d’un programme à long terme de lutte contre les herbes indésirables à l’instant où celle-ci présenteraient une concurrence trop forte.
Ces herbes indésirables ont tendance à prospérer dans les cultures qui ont les mêmes exigences de croissance qu’elles et lorsque les pratiques culturales destinées à la culture sont également favorables à leur croissance ou à leur propagation .(la monoculture ou une rotation mal adaptée peut amener à un stock semencier de celles-ci difficile à résorber ..
Lorsque la rotation comprend une diversité d’espèces ,la germination et les cycles de croissance se trouvent perturbés par la variation des pratiques culturales associées à chaque culture (travil du sol ,dates de semis,concurrence exercée par la culture...etc)
Ainsi le simple fait de faire tourner les cultures permet de semer le « trouble » parmi les adventices et d’éviter une propagation trop forte de celles-ci.
Mais nous essayons aussi de maximiser cet effet en prévoyant les effets particuliers d’une culture sur une plante cible,en adaptant l’itinéraire technique à la lutte contre l’adventice visée.Il faut pour cela savoir qu’elle plante indésirable est susceptible de gêner la future culture ,savoir estimer le stock semencier suivant le passé historique de la parcelle ,connaître les mauvaises herbes,leur cycle (elles peuvent présenter un intérêt comme engrais vert tant qu’elles ne sont pas montées à graine) afin de prévoir les travaux adaptés.
Il est aussi possible en plus du choix de la culture de jouer sur les variétés pour lutter contre les adventices :
Blé ancienne variété qui étouffe (par sa dimension et sa densité de semis) les adventices .
Ce choix de variété est relativement important il peut faire en sorte que la variété choisie prenne de vitesse la croissance des adventices (tournesol précoce semé tardivement ) et nous laisse le temps de réaliser des faux semis.

b)les plantes présentes à pech-revel et leur destruction :

C’est en partie la connaissance de ces plantes qui détermine l’assolement !Un assolement bien géré tient compte non seulement des rendements ,des demandes par rapport au sol (éléments fertilisants et vie biologique du sol ,diminution de la pression parasitaire…) mais aussi gestion des herbes indésirables .
Notre rotation culturale souvent pratiquée :

Le paillage agit par effet de solarisation augmentation de la température qui brûle les plantes éventuelles et empêche la germination par brûlure de la graine des adventices « plus de 60°
Nous n’avons donc plus que le problème des adventices à l’extérieur de la zone paillée ,cette destruction ce fait par des passages successif en alternant les vibroculteurs modifiés et la bineuse Ces passages sont limités dans le temps vis à vis de la progression des racines des melons ,aucune intervention n’aura lieu dès que celles ci arrivent en bordure extérieure du paillage .Ces interventions sont complétées par un arrachage manuel des plantes au pied des melons .
Nous utilisons un paillage transparent et non noir (il permettrait de couper la lumière et donc la photosynthèse des herbes non désirables paillage pour la culture de fraises )le paillage plastique utilisé transparent permet l’accélération du réchauffement du sol donc de favoriser l’activité biologique suivie d’une meilleure fourniture d’éléments minéralisés.

2)Cultures perennes

a) Principes
Dans ce cas il est plus facile d’intervenir pour la maîtrise des mauvaises herbes !
Ces plantes ont un enracinement plus profond ,donc l’approche des moyens physiques pourra se faire jusqu’au ras des troncs ou des souches sans toutefois travailler profondément :Nous disposons pour réaliser ces travaux d’un inter cep à lame horizontale
électrohydraulique (commande automatique par palpeur et commande éventuelle manuelle pour forcer le passage ou déclencher le retrait si la souche est inclinée.

b)les plantes présentes à pech-revel et leur destruction :

Nous intervenons une à deux fois au printemps quand le développement de celles-ci s’amorce
Nous constatons que les plantes envahissantes (garance et chiendent)dans les cultures désherbées chimiquement ne posent pas de soucis majeurs avec cette méthode de desherbage mécanique par intercep
Une année nous avions utiliser le désherbage thermique qui avait donné un bon résultat mais qui a un coût supérieur en terme financier et environnemental (à utiliser essentiellement quand les moyens mécaniques ne sont pas adaptés :présence d’une roche mère caillouteuse avec rochers)

B)Traitement des maladies et parasites :

Dans ce cadre l’approche est similaire toutes cultures confondues(pérennes et annuelles).

1)Principe ; respecter les équilibres fondamentaux et agronomiques :
Choix de variétés le plus possible résistantes (vieilles variétés ou variétés récentes sélectionnées en fonction de l’objectif de résistance souhaité)
-Favoriser la vie du sol (éviter le tassement maintenir une bonne structure ,augmenter la MO )
-Favoriser la biodiversité du milieu (présence de haies ,ne pas laisser un sol nu ,que le minimum nécessaire ,ne pas confondre terrain de tennis et vigne…)
-Limiter les apports massifs d’engrais organique ou minéraux qui favoriserait trop l’exubérance des végétaux :(problèmes de mildiou ou de pourriture sur vigne)
-Diminuer ou adapter les densités de plantation à la valeur agronomique du terroir
-Protéger les ennemis naturels des parasites ou en disséminer si absence :traitement par apport de trichogrammes ,nématodes,bactéries ,virus,champignons…)
-Favoriser les plantes relais.

Malgré toutes ces précautions si un danger immédiat menace la culture ,nous sommes autorisés à utiliser des traitements à base de plantes,d’algues, poudres de minéraux ,de roches,bactéries,virus,du cuivre en quantité limitée à 6 kg/ha/an ,du soufre...tous ces produits faisant partie de la réglementation générale de l’agriculture biologique(voir produit utilisable en AB sur le site d’ECOCERT)
Il est à noter le rôle particulièrement intéressant des algues et de certaines plantes qui joueraient un rôle d’élliciteur (augmentation des défenses naturelles des plantes).

2)Pratique.
Contrairement à ce que l’on pense il faut être encore plus professionnel dans l’application des traitements à réaliser Contrairement à l’agriculture chimique qui a recours aux produits de type « systémique » nous n’avons a disposition dans le cas des produits autorisés par les différents annexes de la réglementation bio que des produits de contact ou agissant par ingestion ,cela suppose donc une couverture maximale du feuillage .
Nous utilisons pour cela sur la Ferme des pulvérisateurs du type « pneumatique »Dans le cadre de la production de melons nous avons choisit un pneumatique à rampe de 12 mètres .

Sur le Domaine pour que la répartition soit uniforme et symétrique sur les deux rangs de vigne ou de verger nous avons choisit un double turbine à jets portés(atomiseur) . 
Mais ce choix ne résout pas pour autant toutes les difficultés ,il faut être attentif quotidiennement à l’évolution de la culture et anticiper les traitements si la météo annonce une période pluvieuse ou couverte par des nuages sur certains stades de développement des plantes (l’absence de photosynthèse diminuant la richesse de la sève et par conséquence la résistance aux maladies et aux pathogènes…)Il ne faut pas oublier que l’emploi du cuivre est limiter à 6 kg de cuivre métal/ha /an ce qui est peu et représente une accumulation maximale théorique de 50 mg /Kg de terre si l'on prend pour référence un impact sur 60 cm de profondeur et une durée de 30 ans ... ce qui est négligeable par rapport au normes européennes..;de max 100mg/kg de terre ...
3) exemple de composition de bouillie à adapter suivant la saison et la culture :
Pour 800 litres /4 ha 
12 kg de BB
4 kg de soufre mouillable
20 litres de purin d’ortie
3 litres de crème d’algues
0.5 litre de résine terpénique de pin (accrochage de la bouillie sur le feuillage moindre lessivage en cas de pluie)
Si présence d’oïdium traitement par soufrage (utilisation du soufre fleur mélangé à de la poudre d’algue lithotamme qui lui agira comme fluidifiant du soufre et permettra de lutter contre la pourriture grise des raisins)

4)Lutte contre les insectes parasites

Exemple du pommier Souvent en bio le simple fait d’avoir observé les règles énumérées dans le paragraphe (1) suffit pour ne pas avoir de dégâts préjudiciables économiquement aux cultures.
Dans notre cas (carpocapse du pommier)les moyens de lutte biologique existant (nématodes ,virus,bactéries )sont complétés par des diffuseurs de phéromones ,l’ensemble assure une efficacité à 95 %

Exemple du melon : Le seul problème que nous avons eu à résoudre était celui de la pyrale du maïs qui occasionnait des dégâts importants ,pour cela nous utilisons des trichogrammes fournis dans des capsules cartons (BIOTOP) 
NB nous n’avons jamais eu de dégâts dus aux pucerons contrairement aux autres types de conduite non bio (les coccinelles assurent toutes seules le travail …)

Exemple de la vigne : pas de présence du ver de la grappe sans intervention ,même si les moyens biologiques existent ils ne sont pas utilisés dans notre Domaine
Une intervention contre la cicadelle a été réalisée cette année ,celle ci à base d’insecticide végétal.

PDF - 10.2 Mo
Présentation de la conférence du 18/11/08
Présentation illustrée des éléments ci dessus.

L’agriculture biologique n’est donc pas nécessairement celle de "Grand papa" de nouveau moyens de lutte avec des produits à très faible impacts environnementaux sont tous les jours mis au point ,je pense que l’agriculture chimique a vécu elle a encore de beaux jours devant elle mais ils sont je pense à plus long terme comptés.........